<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?>
<rss version="2.0"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:wfw="http://wellformedweb.org/CommentAPI/"
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
	xmlns:sy="http://purl.org/rss/1.0/modules/syndication/"
	xmlns:slash="http://purl.org/rss/1.0/modules/slash/"
	>

<channel>
	<title>SCUTTLEBUTT</title>
	<atom:link href="http://www.scuttlebutt.fr/feed/" rel="self" type="application/rss+xml" />
	<link>http://www.scuttlebutt.fr</link>
	<description>Le Magazine de Fortunes de Mer</description>
	<lastBuildDate>Thu, 19 Aug 2010 20:30:58 +0000</lastBuildDate>
	<language>en</language>
	<sy:updatePeriod>hourly</sy:updatePeriod>
	<sy:updateFrequency>1</sy:updateFrequency>
	<generator>http://wordpress.org/?v=3.0.1</generator>
		<item>
		<title>Le Conseil Constitutionnel a t&#8217;il mis à mort le Tribunal Maritime Commercial ?</title>
		<link>http://www.scuttlebutt.fr/2010/08/19/le-conseil-constitutionnel-a-til-mis-a-mort-le-tribunal-maritime-commercial/</link>
		<comments>http://www.scuttlebutt.fr/2010/08/19/le-conseil-constitutionnel-a-til-mis-a-mort-le-tribunal-maritime-commercial/#comments</comments>
		<pubDate>Thu, 19 Aug 2010 20:30:58 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Gaël PINSON</dc:creator>
				<category><![CDATA[Non classé]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.scuttlebutt.fr/?p=81</guid>
		<description><![CDATA[Le Conseil Constitutionnel a t&#8217;il mis à mort le Tribunal Maritime Commercial? En rendant sa décision le 2 juillet 2010, le monde maritime a-t-il assisté à la fin des Tribunaux Maritimes Commerciaux ? Sur le fond, pas encore car le Tribunal existe toujours. Par contre, sur ce qui constituait l&#8217;essence même du tribunal, à savoir un [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<strong><span class="dropcap">L</span>e Conseil Constitutionnel a t&#8217;il mis à mort le Tribunal Maritime Commercial?</strong></p>
<p><strong> </strong></p>
<p>En rendant sa décision le 2 juillet 2010, le monde maritime a-t-il assisté à la fin des Tribunaux Maritimes Commerciaux ? Sur le fond, pas encore car le Tribunal existe toujours. Par contre, sur ce qui constituait l&#8217;essence même du tribunal, à savoir un tribunal échevin ou les professionnels composaient l&#8217;assemblée des juges, sans nul doute car la composition hétéroclite vient de voler en éclat pour rejoindre le Droit Commun en la matière.</p>
<p><strong>Une longue histoire chaotique</strong></p>
<p>Cette première Question Prioritaire de Constitutionnalité en matière maritime devrait donc rester dans l&#8217;histoire du Droit Maritime comme étant celle qui met fin à plusieurs centaines d&#8217;années de vie d&#8217;un tribunal d&#8217;exception dont les principes de fonctionnement furent établis en 1681 avec l&#8217;Ordonnance de  Colbert<a href="#_ftn1">[1]</a> et les tribunaux de l&#8217;amirauté (dont l’existence remonte au XIVième ou XVième siècle).</p>
<p>Ces derniers, qui  avaient à connaître des infractions maritimes, furent supprimés en 1791, les tribunaux d&#8217;exception n&#8217;ayant plus les faveurs du pouvoir révolutionnaire alors en place. La spécificité maritime eut pourtant raison des décisions révolutionnaires et une juridiction spécifique fut rétablie en matière maritime par un décret du 24 mars 1852<a href="#_ftn2">[2]</a>.</p>
<p>Ce texte institua des tribunaux maritimes. Mais le fonctionnement de ces juridictions n’ayant cependant pas donné totale satisfaction, ils furent à leur tour supprimés par la loi du 17 décembre 1926 avec un retour devant les juridictions de Droit Commun.</p>
<p>Toutefois, le nouveau système ne donnait pas non plus satisfaction aux marins ; Ils réclamèrent alors le rétablissement des tribunaux maritimes, ce qui fut fait par le décret-loi du 29 juillet 1939 qui créa les tribunaux maritimes commerciaux.</p>
<p>Cette vie tumultueuse faillit d&#8217;ailleurs s&#8217;achever dans les années 80 lors du grand ménage opéré par le gouvernement de François Mitterrand dans les juridictions d&#8217;exception, le TMC finissant par &laquo;&nbsp;sauver sa peau&nbsp;&raquo;, au moins pour quelques années encore.</p>
<p>Aujourd&#8217;hui, les tribunaux maritimes commerciaux sont installés dans les chefs lieux de quartier de l&#8217;inscription maritime, désignés par décret.</p>
<p>Au nombre de 14, ils n&#8217;existent qu&#8217;en métropole, notamment dans les grands ports : Dunkerque, le Havre, Boulogne et Marseille. Outre-mer, leur compétence appartient aux tribunaux correctionnels.</p>
<p>Ils connaissent des contraventions et des délits prévus et réprimés par le code disciplinaire et pénal de la marine marchande, relatifs à la vie à bord, à la conduite du navire ou à la police de la navigation. Leurs décisions peuvent uniquement faire l&#8217;objet d&#8217;un recours devant la Cour de cassation.</p>
<p>Depuis la réforme opérée par loi du 24 août 1993<a href="#_ftn3">[3]</a>, ils ne sont plus présidés par un administrateur des affaires maritimes mais par un magistrat du siège du tribunal de grande instance dans le ressort duquel ils sont situés. Composés de quatre juges, professionnels de la navigation maritime, les fonctions de l&#8217;instruction et du ministère public sont remplies par un commissaire rapporteur appartenant au corps des officiers de marine ; celles de greffier par un contrôleur des affaires maritimes.</p>
<p><strong>De nombreux signaux d&#8217;alerte pour une décision finalement logique</strong></p>
<p>Vingt ans après, c&#8217;est cette composition du TMC que le conseil constitutionnel vient de faire voler en éclats, faisant mettre genoux à terre à ce tribunal en considérant sa composition comme contraire aux principes édictés par la constitution et la Convention Européenne de Droits de l&#8217;Homme (CEDH).</p>
<p>Aussi brutale qu&#8217;elle soit, la décision du Conseil Constitutionnel est-elle pour autant vraiment une surprise ?</p>
<p>Finalement, pas tant que çà. En effet, s&#8217;il est dans le monde juridique maritime un serpent de mer vivace, c&#8217;est bien celui de la réforme du Code disciplinaire et pénal de la marine marchande (CDPMM), maintes fois évoquée et réclamée, mais jamais accomplie, en dépit des réflexions engagées depuis quelques dizaines d&#8217;années.</p>
<p>Ce n&#8217;est pourtant pas faute, de la part des juristes, des administrations des affaires maritimes et de la justice, et des professionnels eux-mêmes, d&#8217;avoir pris conscience de l&#8217;obsolescence de la loi du 17 décembre 1926 portant Code disciplinaire et pénal de la marine marchande dont la rédaction, achevée en fait en 1912 (mais la Première Guerre mondiale empêcha son examen par le Parlement) s&#8217;inspirait pour partie de dispositions antérieures disparates qu&#8217;elle codifiait.</p>
<p>De fait, Le gouvernement français était parfaitement au fait des difficultés représentées par la composition de ce tribunal.</p>
<p>Au delà de l&#8217;alerte des années 80, le directeur des Affaires Maritimes et des Gens de Mer avait, en 2003, constitué un groupe de travail ayant pour mission &laquo;&nbsp;d&#8217;analyser les évolutions actuelles de fonctionnement des tribunaux maritimes commerciaux et d&#8217;en proposer les évolutions&nbsp;&raquo;.</p>
<p>Ce groupe a remis un rapport proposant les grandes orientations qui pourraient être retenues. Les travaux ont été menés dans l&#8217;optique d&#8217;une  &laquo;&nbsp;conservation avec adaptation&nbsp;&raquo; des TMC et du CDPMM, mais il est immédiatement apparu que seule une réforme  en profondeur permettrait d&#8217;atteindre cet objectif.</p>
<p>La réforme devait conduire à la rédaction d&#8217;un nouveau &laquo;&nbsp;Code Pénal Maritime&nbsp;&raquo; et à la Création de Tribunaux Commerciaux (TM).</p>
<p>Toujours en 2003, le rapport &laquo;&nbsp;Guinchard&nbsp;&raquo; sur la répartition des contentieux et intitulé <em>&laquo;&nbsp;L&#8217;ambition raisonnée d&#8217;une justice apaisée&nbsp;&raquo;<a href="#_ftn4"><strong>[4]</strong></a>, </em>pointait lui aussi &laquo;&nbsp;l&#8217;obsolescence générale du CDPMM liée notamment à l&#8217;évolution du droit pénal et à l&#8217;entrée en vigueur de la convention européenne des droits de l&#8217;homme et de sauvegarde des libertés.</p>
<p>Ce rapport mentionne d&#8217;ailleurs l&#8217;existence d&#8217;un projet de réforme sous l&#8217;égide du Ministère de l&#8217;Ecologie, de l&#8217;Energie, du Développement durable et de l&#8217;Aménagement du territoire, et du Ministère de la Justice.</p>
<p>Ce projet prévoyait une réduction du nombre des TMC (14 à 5) répartis selon une logique de façade maritime et en les adossant obligatoirement à un TGI afin de permettre la mise en commun du greffe, du parquet, et de la juridiction d&#8217;instruction, garantissant ainsi une meilleure conduite des procédures, l&#8217;application des règles du Code de Procédure Pénale.</p>
<p>D’autres voies soulignaient également la nécessité de la réforme et notamment la composition du Tribunal. Ainsi, l’Administrateur en Chef des Affaires Maritimes Jean Christophe IZARD, dans un article de 2008<a href="#_ftn5">[5]</a>, pointait déjà du doigt les problèmes posés par la prédominance de l’administration des Affaires Maritimes, la confusion des phases d’enquête et d’instruction, l’absence de parquet (le rôle étant tenu pour certaines infractions par un officier de la Marine Nationale), l’absence d’appel, etc…</p>
<p>Il faut également dire que le Conseil d’Etat avait déjà eu, depuis 2000, l’occasion de dire tout le bien qu’il pensait (..) des tribunaux ou siégeaient des personnes placées sous l’autorité hiérarchique directe de l’auteur de la plainte.<a href="#_ftn6">[6]</a></p>
<p>C’est dans ce contexte que le 3 mars 2010, le Gouvernement, via le Ministre de la Justice, a déposé au Sénat  un projet de loi<a href="#_ftn7">[7]</a> prévoyant  un article habilitant le Gouvernement à modifier par ordonnance la loi du 17 décembre 1926 portant code disciplinaire et pénal de la marine marchande (CDPMM).</p>
<p>L&#8217;étude d&#8217;impact est particulièrement claire sur les objectifs poursuivis.</p>
<p>Pour le gouvernement, la réforme de cette loi de 1926 et des tribunaux maritimes commerciaux (TMC) était devenue indispensable tant par l&#8217;obsolescence du CDPMM, de l&#8217;évolution des règles du droit pénal et de l&#8217;entrée en vigueur de la convention européenne de sauvegarde des droits de l&#8217;homme et des libertés (CEDH) mais également en raison de la complexité induite par l&#8217;existence d&#8217;un système pénal particulier.</p>
<p>Cette réforme est présentée  comme l&#8217;occasion d&#8217;une réécriture de la définition des infractions maritimes, devenue nécessaire, et des incriminations concernant les sanctions pénales en matière de  droit du travail maritime.</p>
<p>Cette réforme, qui constituait une des préconisations de la commission présidée par le recteur Guinchard, doit également permettre un resserrement du nombre des TMC.</p>
<p>L&#8217;article 25 de ce projet prévoit donc que, dans les conditions prévues à l&#8217;article 38 de la Constitution, le Gouvernement est autorisé à prendre par ordonnance les dispositions relevant du domaine de la loi nécessaires pour notamment :</p>
<p><em>1° Rationaliser et moderniser l&#8217;implantation, l&#8217;organisation, le fonctionnement, la composition et les règles de procédure et de compétence des tribunaux maritimes commerciaux ;</em></p>
<p><em>2° Définir la notion d&#8217;infraction maritime et préciser certaines incriminations, en vue de :</em></p>
<p><em>- harmoniser, sous réserve des adaptations nécessaires destinées à favoriser la coopération entre le ministère public et les services déconcentrés du ministère chargé de la mer et ceux chargés du travail, les règles de procédure applicables, en ce qui concerne la recherche et la constatation des infractions, l&#8217;enquête, l&#8217;instruction et les poursuites ;</em></p>
<p><em>- fixer les règles relatives à la responsabilité pénale des personnes physiques ou morales exerçant en droit ou en fait un pouvoir de contrôle ou de direction dans la gestion ou la marche du navire, les sanctions applicables en cas d&#8217;obstacle aux contrôles et les peines complémentaires applicables à certaines infractions ;</em></p>
<p><em>3° Étendre avec les adaptations nécessaires ou, selon le cas, adapter les dispositions modifiées à la Nouvelle-Calédonie, à la Polynésie française, à Wallis-et-Futuna, aux Terres australes et antarctiques françaises, à Mayotte, à Saint-Pierre-et-Miquelon, à Saint-Martin et à Saint-Barthélemy ;</em></p>
<p><em>4° Abroger les dispositions obsolètes, inadaptées ou devenues sans objet dans les domaines visés par les 1° à 3° en raison de l&#8217;évolution des principes du droit ou des circonstances dans lesquelles elles ont été prises ;</em></p>
<p><em>5° Prendre toutes mesures de cohérence résultant de la mise en œuvre des 1° à 4° ci-dessus ;</em></p>
<p>Ce projet n&#8217;en est cependant qu&#8217;à ses prémices car depuis le dépôt du projet de loi au Sénat en Mars, la seule activité répertoriée à ce jour est la nomination d&#8217;un rapporteur par la commission des Affaires Etrangères du Sénat le 24 mars 2010.</p>
<p><strong>Ultime changement dans la composition du Tribunal Maritime Commercial ?</strong></p>
<p>C&#8217;est donc dans ce contexte qu&#8217;est intervenue la décision du Conseil Constitutionnel du 2 juillet 2010<a href="#_ftn8">[8]</a>, suite à un arrêt de renvoi de la Cour de Cassation du 19 mai 2010<a href="#_ftn9">[9]</a>, cette dernière ayant été saisie de cette Question Prioritaire de Constitutionnalité<a href="#_ftn10">[10]</a> par l’avocat de marins pêcheurs ayant été jugés par le Tribunal Maritime Commercial de Boulogne sur Mer et se pourvoyant en cassation à la suite de la décision rendue par ce tribunal.</p>
<p>La motivation de la demande rejoignait d’ailleurs les multiples interrogations formulées depuis de nombreuses années quant à la composition du tribunal et notamment la participation et la présence de l’Administration des Affaires Maritimes à l’enquête et lors des audiences.</p>
<p>La demande visait donc à déclarer inconstitutionnel l’article 90 du CDPMM, rédigé comme suit :</p>
<p><em>Le tribunal maritime commercial est composé de cinq membres, à savoir :</em></p>
<p><em>Un magistrat du siège du tribunal de grande instance dans le ressort duquel se trouve le tribunal maritime commercial, président.</em></p>
<p><em>Juges :</em></p>
<p><em>- un administrateur des affaires maritimes qui n&#8217;a pas participé aux poursuites ou à l&#8217;instruction de l&#8217;affaire en cause.</em></p>
<p><em>- un agent des affaires maritimes choisi en fonction de ses compétences dans le domaine de la sécurité des navires ou de la sauvegarde de la vie humaine en mer parmi les corps d&#8217;officiers des affaires maritimes, ou de fonctionnaires ou de contractuels de catégorie A des affaires maritimes.</em></p>
<p><em>- un capitaine au long cours ou un capitaine de première classe de la navigation maritime de moins de soixante ans, en activité ou inactif depuis moins de cinq ans, ayant accompli au moins quatre ans de commandement.</em></p>
<p><em>- suivant la qualité du prévenu, un quatrième juge choisi comme suit :</em></p>
<p><em>A &#8211; Si le prévenu est un marin breveté ou diplômé : un marin actif titulaire du même brevet ou diplôme, en activité ou inactif depuis moins de cinq ans ;</em></p>
<p><em>B &#8211; Si le prévenu est un marin ni breveté ni diplômé : un maître ou une personne d&#8217;un grade équivalent à celui de maître, en activité ou inactif depuis moins de cinq ans, appartenant à la spécialité (pont, machine ou service général) du prévenu ;</em></p>
<p><em>C &#8211; Si le prévenu n&#8217;est pas un marin : un agent des affaires maritimes choisi en fonction de ses compétences dans le domaine de la sécurité des navires ou de la sauvegarde de la vie humaine en mer parmi les corps d&#8217;officiers des affaires maritimes, ou de fonctionnaires ou de contractuels de catégorie A des affaires maritimes.</em></p>
<p><em>Le quatrième juge prévu dans les cas A et B ci-dessus est pris parmi les marins n&#8217;ayant subi aucune condamnation pénale ou sanction disciplinaire présents dans le port, siège du tribunal maritime commercial ou à défaut dans les ports voisins.</em></p>
<p><em>Un contrôleur des affaires maritimes remplit les fonctions de greffier.<a href="#_ftn11"><strong>[11]</strong></a></em></p>
<p>La décision des sages vise à la fois l’article 16 de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen qui dispose que <em>« Toute Société dans laquelle la garantie des Droits n’est pas assurée, ni la séparation des Pouvoirs déterminée, n’a point de Constitution »</em> et les principes issus de la Convention Européenne des Droits de l’Homme<a href="#_ftn12">[12]</a>, offrant au Conseil Constitutionnel l’occasion de réaffirmer que le principe d’indépendance est indissociable des fonctions juridictionnelles.</p>
<p>L’application de ce principe d’indépendance entraîne la censure de l’article 90 du CDPMM fixant la composition du Tribunal Maritime Commercial en raison de la présence en son sein de deux voire trois membres ayant soit la qualité soit d’officier de la marine nationale, soit de fonctionnaire ou d’agent contractuel de l’État, tous placés en position d’activité de service et, donc, soumis à l’autorité hiérarchique du gouvernement.</p>
<p>Les sages estiment que, <em>« dès lors, même si la disposition contestée fait obstacle à ce que l’administrateur des affaires maritimes désigné pour faire partie du tribunal ait participé aux poursuites ou à l’instruction de l’affaire en cause, ni cet article ni aucune autre disposition législative applicable à cette juridiction n’institue les garanties appropriées permettant de satisfaire au principe d’indépendance »</em> et <em>« que, par suite, sans qu’il soit besoin d’examiner les autres griefs, ces dispositions doivent être déclarées contraires à la Constitution ». </em></p>
<p>L’article 90 du CDPMM est donc abrogé  et son abrogation est <em>« applicable à toutes les infractions non jugées définitivement au jour de la publication de la présente décision »</em> et, désormais, les tribunaux maritimes commerciaux devront, pour exercer la compétence que leur reconnaît le code disciplinaire et pénal de la marine marchande, siéger dans la composition des juridictions pénales de droit commun. Il faut souligner à ce sujet que les Tribunaux Maritimes Commerciaux d’Outre Mer siégeaient déjà sous cette forme.</p>
<p>Est-ce là pour autant le dernier changement et les derniers soubresauts ? Pas sur car la réforme initiée au Sénat est toujours en cours.</p>
<p><strong>Et maintenant ?</strong></p>
<p>La décision du Conseil Constitutionnel ne remet pas en cause l’existence même du TMC mais porte un coup sérieux à sa raison d’être, à savoir un tribunal paritaire et échevin, ou juges et accusés partagent le même environnement de travail.</p>
<p>Désormais, et dans l’attente de la réforme évoquée ci-dessus, les TMC seront composés de magistrats professionnels.</p>
<p>Une solution sans doute plus conforme aux principes de la CEDH mais il n’est pas forcément sur que ces tribunaux fassent preuve du pragmatisme connu et reconnu des tribunaux échevins.</p>
<p>Il restera enfin à voir de quelle manière le législateur intègrera cette décision dans son projet de réforme et s’il maintiendra, d’une manière ou d’une autre, la présence de professionnels du monde maritime au sein des TMC.</p>
<p>Il lui faudra en tous cas choisir entre la présence de l’administration des affaires maritimes lors de l’instruction ou lors de l’audience.</p>
<hr size="1" /><a href="#_ftnref1">[1]</a> <a href="http://bit.ly/aNBvmc">http://bit.ly/aNBvmc</a></p>
<p><a href="#_ftnref2">[2]</a> <a href="http://bit.ly/a2lnKa">http://bit.ly/a2lnKa</a></p>
<p><a href="#_ftnref3">[3]</a> <a href="http://bit.ly/brSWyQ">http://bit.ly/brSWyQ</a> (article 45)</p>
<p><a href="#_ftnref4">[4]</a> <a href="http://bit.ly/bDS3gQ">http://bit.ly/bDS3gQ</a></p>
<p><a href="#_ftnref5">[5]</a> Revue de Droit des Transports n°4, Avril 2008, étude 4</p>
<p><a href="#_ftnref6">[6]</a>-  Conseil d’Etat, 8 décembre 2000, n° 198372, Mongauze</p>
<p>- Conseil d’Etat, 29 mai 2002, n° 222279, Vaillant</p>
<p><a href="#_ftnref7">[7]</a> <a href="http://www.senat.fr/dossier-legislatif/pjl09-344.html">http://www.senat.fr/dossier-legislatif/pjl09-344.html</a></p>
<p><a href="#_ftnref8">[8]</a> <a href="http://bit.ly/9EJfKV">http://bit.ly/9EJfKV</a></p>
<p><a href="#_ftnref9">[9]</a> <a href="http://bit.ly/bNudZ7">http://bit.ly/bNudZ7</a></p>
<p><a href="#_ftnref10">[10]</a> Il faut en effet rappeler que la saisine directe du Conseil Constitutionnel n’est pas possible et qu’un filtre est effectué par la Cour de Cassation ou le Conseil d’Etat : <a href="http://bit.ly/bzhOjo">http://bit.ly/bzhOjo</a></p>
<p><a href="#_ftnref11">[11]</a> On notera avec intérêt que cet article a disparu du Code et n’est plus sur la version « en vigueur » disponible sur Légifrance <a href="http://bit.ly/bVKSu4">http://bit.ly/bVKSu4</a></p>
<p><a href="#_ftnref12">[12]</a> <strong>Article 6 &#8211; Droit à un procès équitable</strong></p>
<p>Toute personne a droit à ce que sa cause soit entendue équitablement, publiquement et dans un délai raisonnable, par un tribunal indépendant et impartial, établi par la loi, qui décidera, soit des contestations sur ses droits et obligations de caractère civil, soit du bien-fondé de toute accusation en matière pénale dirigée contre elle. Le jugement doit être rendu publiquement, mais l&#8217;accès de la salle d&#8217;audience peut être interdit à la presse et au public pendant la totalité ou une partie du procès dans l&#8217;intérêt de la moralité, de l&#8217;ordre public ou de la sécurité nationale dans une société démocratique, lorsque les intérêts des mineurs ou la protection de la vie privée des parties au procès l&#8217;exigent, ou dans la mesure jugée strictement nécessaire par le tribunal, lorsque dans des circonstances spéciales la publicité serait de nature à porter atteinte aux intérêts de la justice.</p>
<p>Toute personne accusée d&#8217;une infraction est présumée innocente jusqu&#8217;à ce que sa culpabilité ait été légalement établie.</p>
<p>Tout accusé a droit notamment à :</p>
<p>a. être informé, dans le plus court délai, dans une langue qu&#8217;il comprend et d&#8217;une manière détaillée, de la nature et de la cause de l&#8217;accusation portée contre lui;</p>
<p>b. disposer du temps et des facilités nécessaires à la préparation de sa défense;</p>
<p>c. se défendre lui-même ou avoir l&#8217;assistance d&#8217;un défenseur de son choix et, s&#8217;il n&#8217;a pas les moyens de rémunérer un défenseur, pouvoir être assisté gratuitement par un avocat d&#8217;office, lorsque les intérêts de la justice l&#8217;exigent;</p>
<p>d. interroger ou faire interroger les témoins à charge et obtenir la convocation et l&#8217;interrogation des témoins à décharge dans les mêmes conditions que les témoins à charge;</p>
<p>e. se faire assister gratuitement d&#8217;un interprète, s&#8217;il ne comprend pas ou ne parle pas la langue employée à l&#8217;audience.</p>
<p><strong>Article n° 13 : droit à un recours effectif</strong></p>
<p>Toute personne dont les droits et libertés reconnus dans la présente Convention ont été violés, a droit à l&#8217;octroi d&#8217;un recours effectif devant une instance nationale, alors même que la violation aurait été commise par des personnes agissant dans l&#8217;exercice de leurs fonctions officielles.</p>
<p>﻿</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.scuttlebutt.fr/2010/08/19/le-conseil-constitutionnel-a-til-mis-a-mort-le-tribunal-maritime-commercial/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Les nouvelles conditions françaises d&#8217;assurance sur &#171;&#160;corps de navires&#160;&#187; arrivent le 1er juillet 2010</title>
		<link>http://www.scuttlebutt.fr/2010/06/29/les-nouvelles-conditions-francaises-dassurance-sur-corps-de-navires-arrivent-le-1er-juillet-2010/</link>
		<comments>http://www.scuttlebutt.fr/2010/06/29/les-nouvelles-conditions-francaises-dassurance-sur-corps-de-navires-arrivent-le-1er-juillet-2010/#comments</comments>
		<pubDate>Tue, 29 Jun 2010 21:15:59 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Gaël PINSON</dc:creator>
				<category><![CDATA[Assurances]]></category>
		<category><![CDATA[assurance corps de navire]]></category>
		<category><![CDATA[assurances]]></category>
		<category><![CDATA[police française]]></category>
		<category><![CDATA[risques de guerre]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.scuttlebutt.fr/?p=75</guid>
		<description><![CDATA[Cà y est. Cinq ans quasiment jour pour jour après leur mise en chantier et de multiples réunions entre assureurs et courtiers (dans le souci, entre autres, de répondre à un juste équilibre contractuel), le marché français met enfin de nouvelles conditions d&#8217;assurances &#171;&#160;corps et machines&#160;&#187; à la disposition des armateurs. Intitulées &#160;&#187; Marine Hull [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<img class="alignleft" title="Petrolier" src="http://nicolas.beaudet.free.fr/Motifs/images/petrolier2.jpg" alt="" width="256" height="149" /><span class="dropcap">C</span>à y est. Cinq ans quasiment jour pour jour après leur mise en chantier et de multiples réunions entre assureurs et courtiers (dans le souci, entre autres, de répondre à un juste équilibre contractuel), le marché français met enfin de nouvelles conditions d&#8217;assurances &laquo;&nbsp;corps et machines&nbsp;&raquo; à la disposition des armateurs.</p>
<p>Intitulées &nbsp;&raquo; Marine Hull and Machinery Insurance Package&nbsp;&raquo;, ces conditions &laquo;&nbsp;corps et machines&nbsp;&raquo; sont clairement destinées à une clientèle internationale ; Elles sont accompagnées de conditions complémentaires pour les risques de guerre, d&#8217;une couverture perte d&#8217;exploitation, ainsi que de quelques clauses additionnelles.</p>
<p>Ces nouvelles polices visent également à concurrencer deux mastodontes de l&#8217;assurance corps au niveau mondial, à savoir le plan norvégien et les conditions anglaises de 1983 qui restent un must auprès des armateurs.</p>
<p>Datées toutes du 1er juillet 2010, ces nouvelles conditions se sont, au fil des discussions, clairement détachées de l&#8217;imprimé de 2002 sur lequel les premières discussions ont eu lieu.</p>
<p>Il ne reste désormais plus grand chose de l&#8217;architecture du précédent imprimé (qui remontait à 1941 avec gros toilettage en 1983 pour intégrer notamment l&#8217;arrivée du Code des Assurances) qui est maintenant divisé de manière plus rationnelle en quatre sections thématiques : étendue de la police (risques couverts et exclus), dispositions générales, sinistres, indemnisation, et enfin loi applicable et procédures.</p>
<p>Au passage, il ne reste d&#8217;ailleurs non plus grand chose de la traduction de la police puisque ces nouvelles conditions ont été directement rédigées en anglais, évitant les &laquo;&nbsp;faux amis&nbsp;&raquo; ou les traductions hasardeuses.</p>
<p>On se retrouve donc avec une véritable nouvelle police et avec quelques véritables nouveautés qui vont permettre au marché français de se positionner en véritable alternative à ses concurrents norvégiens ou britanniques.</p>
<p>La première, et pas des moindres, est l&#8217;arrivée de commentaires adossés aux polices proposées.</p>
<p>Il est vrai que face au plan norvégien et ses centaines de pages de commentaires, les conditions françaises faisaient un peu &laquo;&nbsp;pâle figure&nbsp;&raquo;, les derniers commentaires véritablement exhaustifs de la police sur corps datant de 1974 avec le &laquo;&nbsp;petit livre bleu&nbsp;&raquo; de Monsieur Pierre Lureau, toujours au chevet des gestionnaires de sinistres &laquo;&nbsp;corps de navires&nbsp;&raquo;.</p>
<p>Outre leur jeunesse toute relative, ces commentaires étaient rédigés en français, ce qui, malgré leur qualité, ne pouvait véritablement constituer un &laquo;&nbsp;plus&nbsp;&raquo; pour les polices existantes.</p>
<p>Désormais, le vide est au moins partiellement comblé avec une cinquantaine de pages de commentaires, en anglais, et permettant aux futurs clients, armateurs ou courtiers, de se faire une idée de ce qui se cache derrière le &laquo;&nbsp;wording&nbsp;&raquo; des clauses et l&#8217;environnement juridique du contrat d&#8217;assurance en France, et qui, on le sait, n &#8216;est guère défavorable aux assurés, même dans la catégorie &laquo;&nbsp;grands risques&nbsp;&raquo;.</p>
<p>Autre grande nouveauté, la délivrance d&#8217;un troisième capital aux assurés, ce qui correspond en fait à un capital &laquo;&nbsp;offert&nbsp;&raquo; pour chaque risque couvert (dommages, recours de tiers, sauvetage/avaries communes et/ou frais).</p>
<p>Il est vrai que la situation antérieure, ou les assureurs couvraient déjà ces risques mais limitaient leur engagement à deux valeurs agréées, était devenue moins adaptée aux coûts de plus en plus importants générés par les avaries communes ou aux responsabilités en cas d&#8217;abordage ou de heurt.</p>
<p>En indiquant explicitement le nombre de capitaux &laquo;&nbsp;offerts&nbsp;&raquo; aux assurés, le marché français fait un grand pas dans la transparence et lève toute ambiguïté sur le cumul des montants garantis. Excellent point face aux imprimés britanniques ou américains qui ne mentionnent rien et même face au Norwegian Plan qui n&#8217;est pas aussi explicite sur le sujet.</p>
<p>Levée d&#8217;ambiguïté également sur les équipements loués et les pièces détachées enlevées du navire (pour réparation notamment) et qui sont maintenant explicitement mentionnées comme faisant partie de la valeur agréée (l&#8217;ancien imprimé ne parlait que des pièces détachées et ne parlait pas des équipements loués).</p>
<p>Autre nouveauté, l&#8217;introduction des références au Code I.S.P.S. au titre des règles à respecter en permanence, au même titre que la classification ou l&#8217;ISM.</p>
<p>Ce nouvel imprimé « corps » voit cependant disparaître la couverture de la piraterie dite lucrative. Assurée au titre des risques ordinaires jusqu&#8217;en 1928, date à laquelle elle était devenue une exclusion, elle avait de nouveau fait son apparition au titres des risques couverts en 1983, en même temps qu&#8217;apparaissait l&#8217;exclusion relative à la piraterie dite &laquo;&nbsp;politique ou se rattachant à la guerre&nbsp;&raquo;.</p>
<p>Il est vrai que depuis 1983, et même si la motivation mercantile des exécutants d&#8217;actes de piraterie ne fait quasiment jamais aucun doute, celle des commanditaires est parfois beaucoup plus floue et peut générer des difficultés d&#8217;interprétation de la police.</p>
<p>En considérant la piraterie, quelle que soit son fondement, comme un risque de guerre exclu des risques ordinaires, la police française se conforme à ce qui se fait chez la concurrence, le marché français étant le dernier a pratiquer ce distingo (qui existe en effet encore dans les polices françaises sur &laquo;&nbsp;corps de tous navires&nbsp;&raquo; de 1998 modifiées en 2002 et dans la police &laquo;&nbsp;pêche&nbsp;&raquo; de 2002).</p>
<p>On notera également l&#8217;introduction d&#8217;une liste de pièces à fournir en cas de perte totale du navire, qui n&#8217;existait pas auparavant, et qui pouvait générer une certaine tension entre assureurs et assurés au moment du règlement et le sentiment, vrai ou non, qu&#8217;il manquait toujours un document aux assureurs pour pouvoir procéder au règlement&#8230;&#8230;</p>
<p>Enfin, et pour ne pas faire une liste à la Prévert, on notera que la police prévoit désormais l&#8217;indemnisation des dommages non réparés et le remboursement sans franchise en cas de perte totale, ainsi que des contributions d&#8217;avaries communes, du sauvetage, et des frais raisonnablement exposés, sont remboursés sans franchise.</p>
<p>En conclusion, il faut espérer que cette longue gestation et ce qu&#8217;il en est sorti répondra aux attentes des courtiers et des armateurs et permettra au marché français de conquérir de nouveaux clients avec un imprimé &laquo;&nbsp;new look&nbsp;&raquo;.</p>
<p>En attendant un retour lors des prochains renouvellements, vous pouvez bien entendu visualiser et télécharger ce nouveau package sur Fortunes de Mer….</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.scuttlebutt.fr/2010/06/29/les-nouvelles-conditions-francaises-dassurance-sur-corps-de-navires-arrivent-le-1er-juillet-2010/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Le versement de rançons aux pirates est légal en Grande-Bretagne</title>
		<link>http://www.scuttlebutt.fr/2010/03/04/le-versement-de-rancons-aux-pirates-est-legal-en-grande-bretagne/</link>
		<comments>http://www.scuttlebutt.fr/2010/03/04/le-versement-de-rancons-aux-pirates-est-legal-en-grande-bretagne/#comments</comments>
		<pubDate>Thu, 04 Mar 2010 13:00:45 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Gaël PINSON</dc:creator>
				<category><![CDATA[Piraterie]]></category>
		<category><![CDATA[Droit International]]></category>
		<category><![CDATA[Rançons]]></category>
		<category><![CDATA[SOMALIE]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.scuttlebutt.fr/?p=53</guid>
		<description><![CDATA[Un très récent arrêt de la High Court of Justice vient de soulager grandement les armateurs et leurs assureurs : Le paiement de rançons est tout ce qu&#8217;il y a de plus légal. Ainsi vient de le décider le très honorable juge David Steel dans un jugement de 21 pages du 18 février 2010. Ce [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<img src="http://www.ledevoir.com/images_galerie/d_4617_49913/image.jpg" alt="null" /><span class="dropcap">U</span>n très récent arrêt de la High Court of Justice vient de soulager grandement les armateurs et leurs assureurs : Le paiement de rançons est tout ce qu&#8217;il y a de plus légal.<br />
Ainsi vient de le décider le très honorable juge David Steel dans un <a href="http://www.fortunes-de-mer.com/documents%20pdf/jurisprudence/Arrets/21%20High_Court_Justice_18_02_2010_EWHC_280_Piracy_Ransom_Masefield.pdf">jugement de 21 pages du 18 février 2010</a>.<br />
Ce jugement, comme le souligne le Loyd&#8217;s List dans son article du 22 février 2010, était très attendu. Il inscrit &laquo;&nbsp;dans le marbre&nbsp;&raquo; (du moins pour l&#8217;instant) le principe que le versement d&#8217;une rançon pour libérer un équipage n&#8217;est pas illégal et n&#8217;est pas contraire à l&#8217;ordre public britannique.<br />
Rappelons quand même que, comme en France, le financement d&#8217;organisations terroristes constitue une infraction répréhensible qui serait constituée si la rançon versée par l&#8217;armateur l&#8217;était nommément au profit d&#8217;une organisation reconnue comme terroriste.<br />
Mais revenons à cette décision qui, bien qu&#8217;en étant très pragmatique (et l&#8217;en ne s&#8217;étonnera pas de la part de nos amis britanniques lorsqu&#8217;il s&#8217;agit de &laquo;&nbsp;business&nbsp;&raquo;), n&#8217;est cependant pas complètement convaincante.<br />
En effet, le jugement se place essentiellement sur la justification humanitaire et économique qu&#8217;il y aurait à payer les rançons et à permettre ainsi la libération des marins pris en otage.<br />
Sur le plan humanitaire, le juge estime ainsi que le paiement de la rançon a toujours permis la libération des otages dans des conditions satisfaisantes, et dans des délais relativement courts et considère que le recours à la force n&#8217;est toujours la panacée.<br />
Sur le plan économique, les sommes versées sont limitées, surtout si l&#8217;on considère le nombre de navires qui &laquo;&nbsp;passent&nbsp;&raquo; et le surcoût que représenterait un détournement par le Cap de Bonne Espérance.<br />
En conclusion, le juge estime que le versement de telles rançons n&#8217;est pas contraire à l&#8217;ordre public britannique.<br />
Dont acte mais le le jugement ne se prononce pas sur les circuits empruntés par les rançons et leur possible utilisation par des organisations autres que crapuleuses et qui pourraient faire tomber le paiement desdites rançons sous le coup des lois prohibant le financement du terrorisme.<br />
On se rappellera ainsi que Al-Shabaad, organisation somalienne, est considérée par le <a href="http://www.state.gov/s/ct/rls/other/des/102448.htm">Département d&#8217;Etat Américain</a> comme une organisation terroriste.<br />
Compte tenu des liens qui pourraient exister entre les pirates et cette organisation, affirmer sans aucun doute qu&#8217;il n&#8217;y a pas de financement de réseaux terroristes me paraît bien osé.<br />
S&#8217;agissant des rançons, il faut également se rappeler qu&#8217;autres pays ont fait un choix totalement inverse ; Ainsi, les Etats Unis ne payent jamais pour leurs otages, les laissant à leur sort (voir notamment le sort des journalistes américains fait prisonniers en Irak ou en Afghanistan). Ce choix est assumé.<br />
Quant à la France, tout en ayant déjà payé ou accepté le paiement de rançons pour faire libérer ses ressortissants, elle fait également le choix de l&#8217;usage de la force pour reprendre les navires et les otages (Ponant, Tanit, Carré d&#8217;As)<br />
La décision du juge britannique, toute pragmatique et économique qui soit, nous semble laisser une trop grande latitude aux armateurs, d&#8217;autant que le jugement précise également que les dépenses liées à la libération du navire, y compris la rançon, sont des dépenses admissibles en &laquo;&nbsp;avaries communes&nbsp;&raquo;, et seront, compte tenu de la valeur des navires et des cargaisons qu&#8217;ils transportent, essentiellement supportés par les intérêts cargaison et leurs assureurs.<br />
Ce jugement me semble un peu &laquo;&nbsp;courte vue&nbsp;&raquo;. Certes sur l&#8217;instant, les économies sont bien présentes et la balance des coûts entre le prix de la piraterie et celui d&#8217;un abandon du canal de Suez est encore clairement en faveur du paiement des rançons.<br />
Ceci étant, il ne faut pas perdre de vue que l&#8217;enrichissement de plus en plus fort des pirates, au gré des rançons versées, pourrait étendre encore leur rayon d&#8217;action, rendant rapidement toute contre-mesure inopérante, même avec des moyens navals renforcés.<br />
Les rumeurs insistantes de voir les Etats Unis légiférer sur le plan interne et au niveau de l&#8217;ONU pour rendre les rançons inégales serait une solution &laquo;&nbsp;brutale&nbsp;&raquo;, politiquement et diplomatiquement difficile à mettre en oeuvre (quid du sort de l&#8217;Egypte dont une partie importante de ses ressources est liée au recettes tirées du canal de Suez).<br />
La solution, s&#8217;il y en a une, est à terre, comme au XVIIIième siècle. Une fois en mer, le pirate est difficile à vaincre. A terre c&#8217;est autre chose&#8230;<br />
Il existe pourtant une différence avec le XVIIIième siècle : On ne pratique plus la politique de la canonnière&#8230;Sans cela, il y aurait belle lurette que les villages de pêcheurs et tout ce qui flotte aurait été détruit&#8230;</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.scuttlebutt.fr/2010/03/04/le-versement-de-rancons-aux-pirates-est-legal-en-grande-bretagne/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>MARINE N°226 : Piraterie &#8211; Gardes armés &#8211; OTAN &#8211; Gardes-côtes</title>
		<link>http://www.scuttlebutt.fr/2010/02/24/marine-n%c2%b0226-piraterie-gardes-armes-otan-gardes-cotes/</link>
		<comments>http://www.scuttlebutt.fr/2010/02/24/marine-n%c2%b0226-piraterie-gardes-armes-otan-gardes-cotes/#comments</comments>
		<pubDate>Wed, 24 Feb 2010 10:25:25 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Gaël PINSON</dc:creator>
				<category><![CDATA[Marine Nationale]]></category>
		<category><![CDATA[Piraterie]]></category>
		<category><![CDATA[ACORAM]]></category>
		<category><![CDATA[Environnement]]></category>
		<category><![CDATA[Garde-côtes]]></category>
		<category><![CDATA[Revue Marine]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.scuttlebutt.fr/?p=36</guid>
		<description><![CDATA[La dernière livraison du magazine &#171;&#160;marine&#160;&#187;, édité par l&#8217;ACORAM, est particulièrement intéressante. Outre le fait qu&#8217;il s&#8217;agit d&#8217;une revue éditée par une association dont est membre l&#8217;auteur de ce billet, il faut reconnaitre que cette revue trouve, numéro après numéro, une autre dimension qu&#8217;elle n&#8217;avait pas auparavant ; non pas que la qualité des articles [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<img src="http://www.fortunes-de-mer.com/images2010/Marine_226_fevrier_2010.jpg" alt="http://www.fortunes-de-mer.com/images2010/Marine_226_fevrier_2010.jpg" /><span class="dropcap">L</span>a dernière livraison du magazine &laquo;&nbsp;marine&nbsp;&raquo;, édité par l&#8217;<a href="http://www.acoram.com" target="_blank">ACORAM</a>, est particulièrement intéressante. Outre le fait qu&#8217;il s&#8217;agit d&#8217;une revue éditée par une association dont est membre l&#8217;auteur de ce billet, il faut reconnaitre que cette revue trouve, numéro après numéro, une autre  dimension qu&#8217;elle n&#8217;avait pas auparavant ; non pas que la qualité des articles qui paraissaient auparavant fusse moindre mais les propos s&#8217;adressaient plus à des &laquo;&nbsp;fondus&nbsp;&raquo; de marine, rendant parfois (à notre sens) la revue difficile d&#8217;accès alors que son ambition est de s&#8217;adresser de plus en plus au grand nombre.<br />
Aussi, cette livraison de février 2010 nous a totalement satisfait ; Les sujets sont un peu plus &laquo;&nbsp;grand public&nbsp;&raquo; mais traités sous l&#8217;aspect &laquo;&nbsp;Marine Nationale&nbsp;&raquo;, ce qui en fait ainsi sa particularité et la raison pour laquelle elle peut être préférée à d&#8217;autres.<br />
Vous trouverez ainsi un sujet sur la Piraterie (à la mode) mais surtout la vision du &laquo;&nbsp;marin&nbsp;&raquo; face à ce phénomène qui reste en majeure partie un problème &laquo;&nbsp;terrestre&nbsp;&raquo;. Autre sujet qui intéresse le plus grand nombre, la création de la &laquo;&nbsp;fonction garde-côte&nbsp;&raquo;, qui met un terme (provisoire ?) à la fusion des services chargés de la protection des côtes en un seul et même service pour privilégier une mise en commun des services dans une seule et même fonction sous l&#8217;autorité d&#8217;un amiral (ALCO).<br />
Autres articles particulièrement intéressants, ceux sur le &laquo;&nbsp;pirate&nbsp;&raquo; Paul Watson et ses aventures en Antarctique contre la pèche à la Baleine ainsi que celui sur les fouilles entreprises sur le navire français &laquo;&nbsp;Belle du Mississippi&nbsp;&raquo; au large de la Louisiane.<br />
Pour info, la revue marine est disponible sur abonnement auprès de l&#8217;ACORAM (voir leur site) mais également dans certains kiosques des villes maritimes comme Brest, Dunkerque, Le Havre, et bien sur Toulon.</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.scuttlebutt.fr/2010/02/24/marine-n%c2%b0226-piraterie-gardes-armes-otan-gardes-cotes/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Les rançons payées aux pirates bientôt illégales ?</title>
		<link>http://www.scuttlebutt.fr/2010/02/19/les-rancons-payees-aux-pirates-bientot-illegales/</link>
		<comments>http://www.scuttlebutt.fr/2010/02/19/les-rancons-payees-aux-pirates-bientot-illegales/#comments</comments>
		<pubDate>Fri, 19 Feb 2010 13:17:27 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Gaël PINSON</dc:creator>
				<category><![CDATA[Piraterie]]></category>
		<category><![CDATA[Droit International]]></category>
		<category><![CDATA[rançon]]></category>
		<category><![CDATA[SOMALIE]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.scuttlebutt.fr/?p=31</guid>
		<description><![CDATA[Selon le Lloyd&#8217;s List du 19 février 2010, les armateurs de Hong Kong ont écrit au Gouvernement chinois sur les inquiétudes face aux conséquences possibles d’une décision des Etats-Unis de rendre illégal le versement de rançons aux pirates Selon, Arthur Bowring, le Directeur Général de l’Association des Armateurs, il y a de sérieuses rumeurs circulant [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<img src="http://www.e24.fr/multimedia/dynamic/00003/pirate_somalien_469_3_3262b.jpg" alt="Pirates Somaliens : La fin du jackpot ?" /><span class="dropcap">S</span>elon le Lloyd&#8217;s List du 19 février 2010, les armateurs de Hong Kong ont écrit au Gouvernement chinois sur les inquiétudes face aux conséquences possibles d’une décision des Etats-Unis de rendre illégal le versement de rançons aux  pirates<br />
Selon, Arthur Bowring, le Directeur Général de l’Association des  Armateurs, il y a de sérieuses rumeurs circulant dans les cercles maritimes internationaux que les États-Unis pourraient envisager de modifier leur propre législation visant à interdire le paiement de rançons.<br />
Il a ajouté que l&#8217;association avait également été informée cette semaine que les États-Unis proposeraient également l&#8217;amendement d&#8217;une résolution du Conseil de sécurité qui rendrait aussi le paiement de rançons en Somalie illégale.<br />
M. Bowring a indiqué au Lloyd’s List qu&#8217;il y avait des informations détaillées sur les modifications qui lui laissent à penser qu’ils ne s’agissait plus de simples rumeurs.<br />
Il a ajouté que la législation des États-Unis et celle des Nations Unies pourrait être « modifiée très rapidement ».<br />
Selon les estimations, plus de 100 millions de dollars de rançons ont été payées aux pirates en Somalie depuis la recrudescence actuelle des détournements qui ont commencé en 2007, alors que près de 250 marins sont en permanence entre les mains des pirates..<br />
L&#8217;association a écrit au commissaire chinois des Affaires étrangères à Hong Kong avec une copie au bureau de liaison du gouvernement chinois à Hong Kong pour attirer l&#8217;attention sur les préoccupations de l&#8217;industrie dans le cas où le Conseil de sécurité serait invité à approuver l&#8217;amendement.<br />
M. Bowring indiqué que l&#8217;association était préoccupée du fait que la Chine pouvait voter pour approuver l&#8217;amendement, sans être conscients des conséquences possibles.<br />
Il a souligné que parmi les préoccupations était que si une interdiction a été mis en œuvre le résultat probable était que la majorité des propriétaires de navires serait amenée à éviter le golfe d&#8217;Aden, le Canal de Suez et le nord-ouest de l&#8217;océan Indien, avec pour conséquence le détournement des navires vers le cap de Bonne-Espérance.<br />
De nombreux équipages des navires seraient également susceptibles de refuser de naviguer dans la zone dangereuse.<br />
Il en résulterait un bouleversement du commerce international<br />
Par ailleurs, et dans la mesure ou le paiement de rançons deviendrait interdit, le sort des marins actuellement en otage deviendrait préoccupant, de même que, pour l’armateur, il n’y a d’autre choix que de payer la rançon pour faire libérer les marins, l’armateur ayant une obligation générale de soins envers ses marins.<br />
« Quels choix ont les armateurs et que sont-ils censés faire lorsque les marins qu’ils emploient restent prisonniers, souvent pendant des mois à la fois, dans des conditions effroyables, avec leurs vies menacées et sans espoir d&#8217;être secourus par leurs gouvernements ? »A demandé M. Bowring.<br />
Il a ajouté qu&#8217;il n&#8217;y avait pas eu de réponse directe du gouvernement chinois aux lettres de l&#8217;association.<br />
Il a enfin indiqué que d&#8217;autres groupes maritimes, y compris l&#8217;International Chamber of Shipping avaient également prévu de soulever le problème au cas ou les Etats-Unis poursuivraient leur démarche et obtiendraient un accord en ce sens aux nations-unies.</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.scuttlebutt.fr/2010/02/19/les-rancons-payees-aux-pirates-bientot-illegales/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Petit retour un précédent article : Un navire disparu, en Droit, c&#8217;est quoi ?</title>
		<link>http://www.scuttlebutt.fr/2010/02/18/petit-retour-un-precedent-article-un-navire-disparu-en-droit-cest-quoi/</link>
		<comments>http://www.scuttlebutt.fr/2010/02/18/petit-retour-un-precedent-article-un-navire-disparu-en-droit-cest-quoi/#comments</comments>
		<pubDate>Thu, 18 Feb 2010 21:44:54 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Gaël PINSON</dc:creator>
				<category><![CDATA[Piraterie]]></category>
		<category><![CDATA[ARCTIC SEA]]></category>
		<category><![CDATA[RUSSIE]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.scuttlebutt.fr/?p=27</guid>
		<description><![CDATA[Voila bientôt deux semaines que l&#8217;ARCTIC SEA a disparu des écrans radars de la surveillance maritime (A.I.S). Depuis, les hypothèses sur cette disparition se multiplient. Ainsi, les récentes dépêches et articles parus sur des sites fort respectables évoquent maintenant un abordage du navire par un groupe armé, ayant détourné le navire, et l&#8217;emmenant vers une [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><span class="dropcap">V</span>oila bientôt deux semaines que l&#8217;ARCTIC SEA a disparu des écrans radars de la surveillance maritime (A.I.S).<br />
Depuis, les hypothèses sur cette disparition se multiplient.<br />
Ainsi, les récentes dépêches et articles parus sur des sites fort respectables évoquent maintenant un abordage du navire par un groupe armé, ayant détourné le navire, et l&#8217;emmenant vers une destination connue d&#8217;eux seuls.<br />
Ce scénario est d&#8217;ailleurs tout à fait compatible avec une disparation menée de concert avec l&#8217;équipage.<br />
Motif : Il y aurait eu à bord une cargaison secrète que &laquo;&nbsp;quelqu&#8217;un&nbsp;&raquo; n&#8217;aurait pas souhaité voir arriver à destination, cargaison qui aurait pu être chargée à Kaliningrad, dans les chantiers Pregol ou le navire avait fait un arrêt durant deux semaines avant d&#8217;aller chercher sa cargaison de bois en Finlande.<br />
Quant on sait que ce port est réputé pour être une plaque tournante de trafics en tous genres (dixit le Telegraph), le scénario farfelu des &laquo;&nbsp;vampires attaquent la nuit&nbsp;&raquo; tel qu&#8217;évoqué dans mon précédent post semble, heure après heure, de moins en moins improbable&#8230;.<br />
Mais ce n&#8217;est pas exactement le propos de cet article car le juriste que je suis ne peut s&#8217;empêcher d&#8217;essayer de qualifier les faits et de voir ce qu&#8217;il pourrait advenir &laquo;&nbsp;en Droit&nbsp;&raquo;, lorsque les tenants et les aboutissants de cette affaire seront connus, s&#8217;ils le sont un jour !<br />
En effet, et comme le rappelle aujourd&#8217;hui le Sovfracht maritime bulletin, les soutes du navire devraient bientôt être vides (capacité maximale de 275 tonnes avec une consommation journalière de 10/12 tonnes depuis le 22 juillet dernier&#8230;.nous donne la panne sèche au plus tard dimanche prochain&#8230;).  L&#8217;issue, sauf à prévoir un ravitaillement à la mer, est donc proche.<br />
Mais revenons au Droit, objet de notre article.<br />
1) Première hypothèse : Le navire a bien été abordé par un groupe armé, l&#8217;équipage étant totalement étranger à cette action.<br />
a) Si l&#8217;acte a été commis dans les eaux internationales, il s&#8217;agit alors d&#8217;un acte de piraterie au sens de la Convention de Montego Bay de 1982 et de son article 101 qui définit la piraterie comme :<br />
a) tout acte illicite de violence ou de détention ou toute déprédation commis par l&#8217;équipage ou des passagers d&#8217;un navire ou d&#8217;un aéronef privé, agissant à des fins privées, et dirigé :<br />
i) contre un autre navire ou aéronef, ou contre des personnes ou des biens à leur bord, en haute mer;<br />
ii) contre un navire ou aéronef, des personnes ou des biens, dans un lieu ne relevant de la juridiction d&#8217;aucun Etat;<br />
b) tout acte de participation volontaire à l&#8217;utilisation d&#8217;un navire ou d&#8217;un aéronef, lorsque son auteur a connaissance de faits dont il découle que ce navire ou aéronef est un navire ou aéronef pirate;<br />
c) tout acte ayant pour but d&#8217;inciter à commettre les actes définis aux lettres a) ou b), ou commis dans l&#8217;intention de les faciliter.<br />
Il faut en effet rappeler que la Piraterie ne s&#8217;applique qu&#8217;aux actions commises en Haute Mer, à l&#8217;exclusion de celles commises dans les eaux territoriales d&#8217;un État qui relèvent de sa seule compétence.<br />
Au visa de l&#8217;article 105 de la Convention de Montego Bay, et en cas de piraterie avérée en haute mer, ce serait l&#8217;Etat pratiquant la &laquo;&nbsp;saisie&nbsp;&raquo; du navire qui serait compétent pour infliger les peines que son Droit Interne prévoit  en matière de piraterie. On peut dès lors comprendre l&#8217;empressement de la marine russe à retrouver et arrêter le navire, l&#8217;ensemble de l&#8217;équipage étant effectivement de nationalité russe.<br />
Il ne faut cependant pas exclure que l&#8217;Etat Maltais, Etat du pavillon, tente de se déclarer lui-même compétent, les infractions commises à bord pouvant relever du Droit Interne Maltais.<br />
Bref, un joli imbroglio de Droit International Privé dont il est bien difficile de donner dès aujourd&#8217;hui l&#8217;issue.<br />
b) Par contre, si l&#8217;infraction a été commise dans les eaux territoriales d&#8217;un État, ce qui semble d&#8217;ailleurs être le cas de l&#8217;ARCTIC SEA  puisque l&#8217;attaque , si elle est un jour confirmée,  se serait produite dans les eaux suédoises, la compétence reviendrait normalement à la Suède.<br />
Dans un tel cas, on ne se situe plus dans le cadre juridique de la piraterie tel qu&#8217;évoqué par la Convention de Montego Bay mais dans le cadre des crimes et délits de droit commun tel que le brigandage, le vol, les coups et blessures, la séquestration, etc&#8230;<br />
Celà relève alors normalement du Droit du lieu de commission de l&#8217;infraction, à savoir la Suède.<br />
La Convention pour la répression des actes illicites contre la sécurité de la navigation maritime (développée par l&#8217;Organisation des Nations Unies et adoptée à Rome en 1988 &#8211; entrée en vigueur le 1er mars 1992) prévoit que :<br />
&laquo;&nbsp;commet une infraction pénale&nbsp;&raquo; toute personne qui s&#8217;empare ou contrôle un navire par la force, la menace ou l&#8217;intimidation; commet un acte de violence à bord du navire qui compromet la sécurité du navire; place un dispositif propre à détruire un navire et autres actes qui compromettent la sécurité des navires&nbsp;&raquo;.<br />
Elle oblige chaque Etat à prévoir dans son droit national, la répression des actes de piraterie qui se déroulent dans ses eaux territoriales, ou à l&#8217;encontre d&#8217;un de ses bateaux battant pavillon ou commis par un de ses ressortissants.<br />
En résumé, la qualification de pirate est réservée aux seules personnes ayant commis les actes visés par les articles 101 à 107 e la Convention de Montgo Bay, et surtout en haute mer. A défaut, même à bord d&#8217;un navire, il s&#8217;agit de crimes et délits de droit commun.<br />
2) Seconde hypothèse : Le navire a été saisi et détourné par son propre équipage.<br />
Il ne s&#8217;agit alors plus de piraterie, mais de ce que l&#8217;on appelle en Droit Maritime la baraterie ou &laquo;&nbsp;prévarications du capitaine et de l&#8217;équipage  au préjudice de l&#8217;armateur/propriétaire du navire, des chargeurs et des assureurs.<br />
Sur ce point précis, le Droit Français, au travers de la Loi du 10 avril 1825, distinguait très clairement la piraterie de la baraterie, elle même divisée entre baraterie criminelle et baraterie civile, distinguant les actions du capitaine et de l&#8217;équipage selon qu&#8217;elles pouvaient recevoir une qualification pénale ou non (la baraterie civile étant limitée aux dols, fautes, imprudences ou impérities qui, sans constituer un délit ou une contravention, entraînent néanmoins un préjudice pour les chargeurs ou les armateurs).<br />
Quoi qu&#8217;il en soit, il s&#8217;agit alors d&#8217;infractions de Droit Commun.<br />
Pour autant, il faut là encore, distinguer selon que le navire se situait en haute mer ou dans les eaux d&#8217;un État.<br />
Dans la première situation, la solution est donnée par la Convention de Montego Bay qui prévoit la compétence exclusive de l&#8217;État du pavillon, reconnue par l&#8217;article 92 1° de la Convention qui dispose :<br />
&laquo;&nbsp;les navires naviguent sous le pavillon d&#8217;un seul État et sont soumis, sauf dans les cas exceptionnels expressément prévus par des traités internationaux ou par la Convention, à sa juridiction exclusive en haute mer. Aucun changement de pavillon ne peut intervenir au cours d&#8217;un voyage ou d&#8217;une escale, sauf en cas de transfert réel de la propriété ou de changement d&#8217;immatriculation&nbsp;&raquo;.<br />
Par contre, si l&#8217;infraction a eu lieu à dans les eaux territoriales d&#8217;un Etat (12 miles nautiques des côtes), la solution peut être différente, même si la convention de Montego Bay adopte, dans son article 27, une disposition allant également dans le sens d&#8217;une compétence de l&#8217;Etat du Pavillon, sans pour autant l&#8217;imposer, laissant aux Etats la possibilité d&#8217;adopter des règles différentes.<br />
1. L&#8217;Etat côtier ne devrait pas exercer sa juridiction pénale à bord d&#8217;un navire étranger passant dans la mer territoriale pour y procéder à une arrestation ou à l&#8217;exécution d&#8217;actes d&#8217;instruction à la suite d&#8217;une infraction pénale commise à bord pendant le passage, sauf dans les cas suivants :<br />
a) si les conséquences de l&#8217;infraction s&#8217;étendent à l&#8217;Etat côtier;<br />
b) si l&#8217;infraction est de nature à troubler la paix du pays ou l&#8217;ordre dans la mer territoriale;<br />
c) si l&#8217;assistance des autorités locales a été demandée par le capitaine du navire ou par un agent diplomatique ou un fonctionnaire consulaire de l&#8217;Etat de pavillon; ou<br />
d) si ces mesures sont nécessaires pour la répression du trafic illicite des stupéfiants ou des substances psychotropes.<br />
2. Le paragraphe 1 ne porte pas atteinte au droit de l&#8217;Etat côtier de prendre toutes mesures prévues par son droit interne en vue de procéder à des arrestations ou à des actes d&#8217;instruction à bord d&#8217;un navire étranger qui passe dans la mer territoriale après avoir quitté les eaux intérieures.<br />
3. Dans les cas prévus aux paragraphes 1 et 2, l&#8217;Etat côtier doit, si le capitaine le demande, notifier préalablement toute mesure à un agent diplomatique ou à un fonctionnaire consulaire de l&#8217;Etat du pavillon et doit faciliter le contact entre cet agent ou ce fonctionnaire et l&#8217;équipage du navire. Toutefois, en cas d&#8217;urgence, cette notification peut être faite alors que les mesures sont en cours d&#8217;exécution.<br />
4. Lorsqu&#8217;elle examine l&#8217;opportunité et les modalités de l&#8217;arrestation, l&#8217;autorité locale tient dûment compte des intérêts de la navigation.<br />
5. Sauf en application de la partie XII ou en cas d&#8217;infraction à des lois et règlements adoptés conformément à la partie V, l&#8217;Etat côtier ne peut prendre aucune mesure à bord d&#8217;un navire étranger qui passe dans la mer territoriale en vue de procéder à une arrestation ou à des actes d&#8217;instruction à la suite d&#8217;une infraction pénale commise avant l&#8217;entrée du navire dans la mer territoriale si le navire, en provenance d&#8217;un port étranger, ne fait que passer dans la mer territoriale sans entrer dans les eaux intérieures.<br />
Il ne s&#8217;agit pas d&#8217;une règle absolue mais plutôt d&#8217;une recommandation à ce que la compétence soit laissée à l&#8217;Etat du Pavillon, sauf cas particuliers visés par cet article.<br />
Dans notre cas, au visa de cet article, ce seraient donc les tribunaux maltais quis auraient compétence et non les juridictions suédoises.<br />
Il est à noter que celà ne serait pas le cas en France puisque  notre pays se réserve la compétence pénale pour toutes les infractions commises dans ses eaux, quand bien même le navire bat pavillon étranger<br />
Article 113-2 du code pénal : La loi pénale française est applicable aux infractions commises sur le territoire de la République.<br />
L&#8217;infraction est réputée commise sur le territoire de la République dès lors qu&#8217;un de ses faits constitutifs a eu lieu sur ce territoire.<br />
Sauf à ce que la Suéde ait des dispositions similaires ou considère que l&#8217;on se trouve dans l&#8217;un des cas visés par l&#8217;article 27, les tribunaux maltais auraient alors vocation à juger de cette affaire (s&#8217;il s&#8217;agit bien d&#8217;une baraterie).<br />
Il ne fait pas de doutes que la Russie trouverait également son mot à dire et solliciterait probablement l&#8217;extradition de ses ressortissants pour pouvoir les juger.<br />
Dernier point que nous souhaitions aborder, les assurances. Que se passe t-il lorsque le navire et/ou sa cargaison se trouvent &laquo;&nbsp;mêlés&nbsp;&raquo; à de tels actes.<br />
S&#8217;il s&#8217;agit d&#8217;un acte de piraterie &laquo;&nbsp;crapuleux&nbsp;&raquo;, les polices &laquo;&nbsp;corps et machines&nbsp;&raquo; couvrant le navire et les polices &laquo;&nbsp;facultés&nbsp;&raquo; couvrant les marchandises peuvent être amenées à couvrir les conséquences de tels actes.<br />
La piraterie &laquo;&nbsp;crapuleuse&nbsp;&raquo; demeure, dans les polices françaises (au moins jusqu&#8217;à présent), un risque ordinaire par les assureurs maritimes.<br />
Pour le comprendre, il faut remonter dans le passé ou ce risque, s&#8217;il n&#8217;était pas assuré de manière &laquo;&nbsp;normale&nbsp;&raquo;, vidait de fait les polices d&#8217;assurance de tout leur intérêt pour le preneur.<br />
Ceci étant, les choses changent car avec le développement de la piraterie sur les côtes somaliennes, la tendance des assureurs est à &laquo;&nbsp;basculer&nbsp;&raquo; ce risque vers ce que l&#8217;on appelle les &laquo;&nbsp;polices risques de guerre&nbsp;&raquo; et à l&#8217;exclure des polices &laquo;&nbsp;ordinaires&nbsp;&raquo;.<br />
Quant à la baraterie, son nom même a disparu des polices pour devenir un risque désormais connu sous le vocable des &laquo;&nbsp;fautes du capitaine&nbsp;&raquo; dont les conséquences, quand bien même la faute serait intentionnelle, sont à la charge des assureurs.<br />
Enfin, dernier point : Que se passe t-il si l&#8217;on ne sait jamais ce qu&#8217;il s&#8217;est passé et que le navire n&#8217;est jamais retrouvé ?<br />
Eh bien, les différentes polices prévoient un délai au-delà duquel le navire est considéré comme perdu et ouvrant le droit pour l&#8217;assuré à demander le remboursement de la valeur agréée du navire.<br />
Ainsi, s&#8217;agissant de la police française, elle prévoit la possibilité d&#8217;un remboursement à l&#8217;assuré en cas de « défaut de nouvelles depuis plus de trois mois, la perte étant alors réputée s&#8217;être produite à la date des dernières nouvelles ».<br />
Sur ce point, peu d&#8217;inquiétudes donc pour l&#8217;armateur et les propriétaires du bois transporté.<br />
Sauf à prouver qu&#8217;ils sont également mêlés à l&#8217;opération, ils devraient se voir rembourser par leurs assureurs.</p>
<p>A bientôt pour un nouveau post sur ce sujet, le navire venant semble-t&#8217;il d&#8217;être officiellement repéré au large du Cap Vert&#8230;..</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.scuttlebutt.fr/2010/02/18/petit-retour-un-precedent-article-un-navire-disparu-en-droit-cest-quoi/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>1</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Une Société Privée Française assure la protection armée des navires de commerce en Somalie</title>
		<link>http://www.scuttlebutt.fr/2010/02/09/une-societe-privee-francaise-assure-la-protection-armee-des-navires-de-commerce-en-somalie/</link>
		<comments>http://www.scuttlebutt.fr/2010/02/09/une-societe-privee-francaise-assure-la-protection-armee-des-navires-de-commerce-en-somalie/#comments</comments>
		<pubDate>Tue, 09 Feb 2010 15:20:01 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Gaël PINSON</dc:creator>
				<category><![CDATA[Piraterie]]></category>
		<category><![CDATA[SOCIETE MILITAIRE PRIVEE]]></category>
		<category><![CDATA[SOLDATS DE FORTUNES]]></category>
		<category><![CDATA[SOMALIE]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.scuttlebutt.fr/?p=6</guid>
		<description><![CDATA[]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<img src="http://www.fortunes-de-mer.com/images2010/Atalante.jpg" align="left" "alt="Opération Atalante" /><span class="dropcap">S</span>i cela se confirme, c&#8217;est sans doute une première que vient de réaliser KAIS INTER NATIONAL et que l&#8217;on apprend par un communiqué de presse diffusé par cette société sur CategoryNet.</p>
<p>Créée en 2009 par des <em>&laquo;&nbsp;anciens des forces spéciales&nbsp;&raquo;</em>, elle aurait, selon Stéphane Samarelli, un des responsables de KAIS International, embarqué à la mi-décembre une de ses équipes en Afrique du Sud, afin d&#8217;assurer l&#8217;escorte d&#8217;un navire de charge jusqu&#8217;au Golfe Persique.</p>
<p>Cette &laquo;&nbsp;jeune société militaire privée Française&nbsp;&raquo;aurait ainsi mis à la disposition de l&#8217;Armateur un dispositif humain de prévention permettant :</p>
<p>•	d&#8217;évaluer le niveau de sûreté global du navire, notamment lors des phases d&#8217;approche de la zone critique (contrôles aux abords du navire, surveillance périmétrique et veille radar),</p>
<p>•	de protéger les zones névralgiques du navire faisant route, et d&#8217;assister, le cas échéant, le Commandant pour toute question relative à la sûreté à bord,</p>
<p>•	de mettre en œuvre une procédure d&#8217;alerte fiable à partir de procédures spécialement élaborées pour cette mission,</p>
<p>•	de procéder à l&#8217;analyse continue de la situation à bord, afin, le cas échéant, de valider les processus décisionnels du groupe en matière de gestion des risques.</p>
<p>•	de procéder à l&#8217;intervention en mer, lors de l&#8217;approche d&#8217;une embarcation suspecte.</p>
<p>Nul doute que cette news va sans doute faire du bruit. D&#8217;autant qu&#8217;il est difficile de se faire une idée de ce qu&#8217;est la société KAIS INTERNATIONAL ; Introuvable sur les sites comme infogreffe ou societe.com, seule une société dénommée <a href="http://www.societe.com/societe/eurl-kais-518427570.html">EURL KAIS</a> semble correspondre, tant dans l&#8217;activité (société de sécurité privée) que dans la date d&#8217;immatriculation (novembre 2009). Le <a href="http://www.kais-international.com/">site de l&#8217;entreprise</a> ne nous en apprend guère plus. Nous avons également tenté notre chance via le <a href="http://whois.domaintools.com/kais-international.com">whois</a> mais celà ne nous a pas apporté plus de réponses.<br />
Il sera interessant de voir la suite de l&#8217;histoire et qui y a t-il vraiment  derrière cette nouvelle. </p>
<div>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.scuttlebutt.fr/2010/02/09/une-societe-privee-francaise-assure-la-protection-armee-des-navires-de-commerce-en-somalie/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>1</slash:comments>
		</item>
	</channel>
</rss>
